“La Slava” chez les Serbes

Après la liturgie, la famille accueille des proches toute la journée et partage le festin, constitués de plusieurs mets, le plus souvent traditionnels. Les mets diffèrent selon la période à laquelle est célébrés la Slava, car il existe dans l’orthodoxie des jours – les mercredis et vendredi – ainsi que des périodes de quelques semaines – les temps de l’Avent et du Carême – de jeûne que l’on doit observer. Dans le cas où la Slava est fêtée un jour de carême, comme ce fût le cas pour la Saint-Nicolas, toute nourriture d’origine animale est habituellement exclue du repas. Des plats de saumon, de légumes et une soupe sont partagés entre les hôtes et les invités. Les conseillers spirituels de l’église ncouragent les porteurs de la Slava à l’originalité dans l’organisation de leur fête, de sorte qu’il n’y ait pas de rigidité ou de fixité dans les éléments de la célébration à l’occasion de la « renaissance de l’âme et de l’esprit ». Par exemple, la famille de Darko Matovic a sélectionné des
prières se recueillant sur des thèmes précis. De plus, les invités devaient, à leur arrivée dans l’appartement familial, embrasser l’icône du Saint qui est fêté avant de saluer tous les autres invités sur place, pour marquer sa constante présence parmi eux. La fête dure jusqu’au départ des derniers invités.

Certaines Saints sont davantage fêtés par rapport à d’autres dans la Slava, comme c’est le cas, par exemple, de Saint-Nicolas et de l’archange Michaël. Certains affirment que la Slava de Saint- Nicolas est célébrée par l’ensemble des Serbes, près de la moitié étant porteurs et l’autre étant invités par ceux qui la fête.

Apprentissage et Transmission

Fêter un Saint est parfois l’occasion de prendre exemple de son vécu, de comprendre comment celui-ci a avancé vers Dieu et de s’en inspirer pour développer des qualités personnelles qui peuvent par la suite devenir les valeurs communes de la famille. La fête d’un Saint ne rend pas uniquement gloire à Dieu mais aussi aux ancêtres de la famille. À travers le pain, le blé, le vin et le cierge, « nous ne faisons qu’un avec nos ancêtres et notre descendance, les morts et les vivants, dans le Christ Jésus » (Mgrs. Danilo et Amphiloque, Monastère de Hilandar, 1994). On comprend ainsi l’importance de la transmission de la Slava pour la mémoire familiale et collective, qui s’éteindrait avec la disparition de cette tradition.

Les familles provenant d’une même région ont tendance à célébrer le même Saint. On peut donc connaître le lieu d’origine d’une famille ou d’un individu par le Saint célébré en tant que Slava. La Slava est toujours transmise de père en fils, et même si elle est toujours fêtée chez un porteur, la Slava appartient à tous les membres de la famille. Le fils ayant quitté le foyer familial retourne fêter sa Slava chez son père jusqu’à ce que le père la lui transmette. La transmission s’effectue alors que le père et le fils brisent ensemble, de façon rituelle, le gâteau festif. Dans le cas où la famille est uniquement composée de filles, il arrive que celles-ci puissent hériter de la Slava. Dans ce cas, la Slava de leur famille d’origine sera toujours célébrée en deuxième importance vis- à-vis de la Slava de la famille qu’elles fonderont avec leur mari.
Mis à part la transmission directe, il existe d’autres moyens d’hériter d’une Slava : dans le cas où un père n’ait pu transmettre la Slava de façon officielle, un prêtre peut, à la demande de ce dernier, bénir l’héritier et l’encourager à célébrer la Slava à la maison. D’autres personnes, comme ce fût le cas à l’origine de la christianisation en Serbie, peuvent prendre la Slava du Saint associé à leur jour de baptême.

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