“La Slava” chez les Serbes

Historique général

La pratique religieuse de la Slava serait issue d’un syncrétisme entre une tradition familiale antérieure à la christianisation et une fête paroissiale introduite par les moines orthodoxe du Mont Athos au 12e siècle. Avant l’arrivée du christianisme, les peuples de la région des Balkans célébraient une fête familiale à la mémoire des morts. L’orthodoxie était d’abord pratiquée par des moines du Mont Athos en Grèce, dont faisait partie Saint-Sava, et la Slava proviendrait de la Sainte liturgie dans laquelle on bénissait le pain lors des fêtes paroissiales. Cette pratique a été introduite chez les Serbes lors de leur christianisation. Au moment de recevoir leur baptême, les Serbes décidèrent de placer leur foyer familial sous la protection d’un Saint, comme d’un soutien de Dieu. On a donc remplacé la représentation des ancêtres par celle de Saints.

Cette pratique s’est transmise de générations en générations, et elle n’a subit aucune modification depuis près de 10 siècles. À plusieurs reprises, les Serbes orthodoxes ont été placés sous le joug turc et ont, à cette occasion, été parfois privés de leur liberté religieuse. Au 18e siècle, par exemple, on raconte en Serbie que des monastères étaient brûlés par les Turcs et convertis en étable à chevaux ou en mosquée, les Serbes orthodoxes étaient forcés à l’islamisation ou soumis à l’esclavage. Les droits étaient distincts en fonction de l’appartenance religieuse. Il était également interdit de construire de nouveaux édifices religieux. Les prêtres et moines ont dû être dispersés pour assurer les services religieux de base à travers le territoire, et les Serbes n’avaient l’occasion d’aller à l’église que lors des grandes fêtes. En l’absence de figure religieuse dans plusieurs communautés, c’est le père de famille qui endossait le rôle de « prêtre familial » pour les fêtes de commémoration des morts, la Slava, par la bénédiction du gâteau festif et du blé :

« C’est une des raisons pour laquelle le rôle de la Slava familial revêt une telle importance et est en tant précieux chez les Serbes. À certains moments de l’histoire, la Slava fût l’élément qui était amené à remplacer presque toute la vie spirituelle et ecclésiastique de notre peuple »
(Popvic, Père Dr. Radomir, 1998 : 48-49).

continuez à la page suivante

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

2 × 5 =