Une identité sans pays – Les Yougos

Souvenir d’une vie plus facile

Au marché de Sarajevo en Bosnie-Herzégovine, le souvenir indélébile d’un bombardement serbe qui a fait 68 morts en 1994 est imprégné dans le sol. Impossible d’éviter le cratère laissé par un obus et les taches écarlates qui l’entourent.

Mais ces traces de tout le sang qui a coulé ne recouvrent pas complètement cette nostalgie d’une vie plus douce que l’on raconte à ceux qui ne l’ont pas connue adulte.

Le pays à majorité musulmane est aujourd’hui en proie au chômage et à la pauvreté.

La vie était meilleure à l’époque. Et plus facile. On connaissait des heures de travail régulières avec des pauses les fins de semaine, alors qu’aujourd’hui, nous travaillons toujours plus, de 10 à 15 heures par jour, les samedis et dimanches aussi, se désole Ramiz Karic, un marchand, en pressant le jus de ses grenades.

«Les travailleurs avaient un mois de vacances garanti, les soins de santé étaient pris en charge. Aujourd’hui, nous n’avons rien de ça.» -Ramiz Karic

Les étals colorés du marché de Sarajevo sont un peu à l’image de l’ex-Yougoslavie. Le raisin provient de la Macédoine, les mandarines de Croatie, les poivrons rouges, eux, ont fait le voyage depuis la Serbie, alors que les tomates ont été cultivées en Albanie.

Les grenades de Ramiz Karic sont acheminées tous les jours du Monténégro. Les frontières érigées dans les Balkans de l’après-guerre ne veulent rien dire, croit-il.

Pour survivre, économiquement du moins, insiste-t-il, nous avons encore besoin les uns des autres.

Svetlana Broz en compagnie de son grand-père, le maréchal Tito, qui dirigea la Yougoslavie de la fin de la Seconde Guerre mondiale à sa mort en 1980.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Svetlana Broz en compagnie de son grand-père, le maréchal Tito, qui dirigea la Yougoslavie de la fin de la Seconde Guerre mondiale à sa mort en 1980.

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