Une identité sans pays – Les Yougos

La petite-fille de Tito dénonce l’héritage sacrifié

À Belgrade comme à Sarajevo, les Yougo-nostalgiques se retrouvent dans quelques cafés enfumés à la gloire du pays disparu et de son dirigeant à la main de fer.

Le temps et la guerre semblent avoir effacé pour beaucoup les traces du défunt dictateur communiste Josip Broz Tito, l’homme du parti unique, de la répression des opposants et des goulags.

Le maréchal Tito avait réunifié par la force la Yougoslavie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale; elle est aujourd’hui fragmentée en sept pays distincts. Il a interdit les religions sur la place publique et étouffé les revendications linguistiques et nationalistes.

«La Yougoslavie a été assassinée en 1991, c’est notre tragédie.» -Svetlana Broz

Elle a dans le regard bleu acier quelque chose du maréchal Tito. La petite-fille de l’ex-dirigeant raconte qu’elle n’aurait jamais cru la guerre possible entre voisins.

Elle aussi montre du doigt les politiciens nationalistes qui ont pris le pouvoir après les premières élections libres en ex-Yougoslavie.

Malheureusement, ils sont parvenus à créer une masse critique de peur au sein de la population, se désole-t-elle. Si une personne entend tous les jours que son voisin va devenir son ennemi et va le tuer, elle finit par se dire qu’il vaut peut-être mieux tuer le voisin plutôt que d’attendre.

Cardiologue de profession, Svetlana se consacre depuis 20 ans à une ONG qui milite pour le développement de la société civile.

Elle regrette le passé, mais préfère regarder devant. Elle se montre dure envers ses compatriotes.

«Quand je compare les Balkans au reste de l’Europe, je suis triste. Notre peuple est dépourvu de courage civique pour résister, pour s’opposer, pour désobéir, pour se battre pour ses droits.» -Svetlana Broz

Milan Racic, un Serbe (à gauche), et Toni Sarac (à droite).

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Milan Racic, un Serbe (à gauche), et Toni Sarac (à droite).

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